- Claude GUIBBERT - octobre 2004 -


- Sous le porche de minuit
ou
«L'oseille de la Liberté».

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    L'Homme-araignée
    Banalement
    Étire son fil soyeux
    Trime sur sa propre trame
    Trame de soi

    Créatif en son art furtif
    Décline ses clairières
    Se fond dans sa forêt

    Arbres du oui
    Velours des yeux
    Arbres du non
    Cernes obliques
    Œuvres de bois
    Où les divergences
    Mûrissent
    Sur des branches baroques

    Bois-debout que l'on invoque
    Ramures de l'architecture
    D'un jardin fleur
    Où l'on effeuille la Liberté
    Butinée par l'abeille
    De la réalité

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    Tout lieu-tenant de l'épilogue
    Conquérant des frissons de l'extrême
    Tente de tartiner
    Sa virtuelle confiture
    De fruits impossibles
    Issus de l'arbre vénéré
    De la féconde Liberté
    Si souvent répudiée
    Par l'instinct claustrophobe

    Car il est écrit qu'un non-être
    Ne choisit pas de ne pas naître
    De ne point paraître
    Ou de n'être pas soumis
    A la mort lente du tourment
    A la morphine du tourmenté

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    - Sous le porche de minuit -

    Chaque mi-nuit
    Pond son zigzag
    Qui bande le méandre
    Du ruban
    De nos différences

    Le vent de l'existence
    Hurle ses conséquences
    A travers les barreaux
    D'une échelle de cire

    Les ailes du vertige
    Planent sur le mystère
    De l'œuf amphithéâtre

    Le glaive au cheveu fou
    Va surprendre l'oiseau
    Sur le paisible cheval perché

    L'imperméable mendie l'orage
    La mare brave le pavé
    La lune tance des marées
    Le vent désosse la dune

    Le soleil très discret
    S'évade du jour
    Qui le contenait enfermé

    Cascade de pensées
    La nuit s'empare des conseils
    Ainsi nul ne s'égare

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    Par l'enfer
    Du pluriel des autres
    Éblouie
    L'autruche sans égale
    Ne sait que regarder
    Autrement son ego
    Égaré dans le sable

    Songe-t-elle
    Qui sait
    A la truffe du chien
    Retrouvant son vieil os
    Souterrain à ronger

    Ermite de proximité
    Flétrie
    Dans son présent tel
    Qu'il reste inconnu
    De tous les migrateurs
    Envie-t-elle l'essor
    Du pigeon voyageur
    Ce libérateur
    Libre au point de ne pas
    Obéir aux nuages
    Ombre-portant pourtant
    Le merveilleux sillage
    Des halos de la lune

    Avide de partage
    L'oiseau bleu du bonheur
    Brûle ses rendez-vous
    Sur les flambées de paille
    De l'intemporel du futur

    Folle idée d'accéder
    Aux chemins détournés
    Qui n'ont jamais
    Tutoyé Rome



    Si la vie t'appartient
    Mosaïque
    De graines
    De taureau
    De colombe
    D'olivier
    De sel et de vent
    Vivons alors à l'ombre
    De ton éternité.

    Devenons confident
    Des tournants de la table
    Au langage-ressac
    Des lagunes de sable

    Délivrons amplement
    Les mystères de l'ombre

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    Dans le lit de septembre
    Nostalgique du bonheur fané
    Le témoin du soleil
    Vole ses airs de farandole
    A l'herbe folle
    Des souvenirs d'été

    L'encre de la nostalgie
    Pleure des larmes de couleurs
    Décolorées
    Sur l'oseille séchée des vacances

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    Enrichir!
    La fortune de l'intimité
    Dans les plis défroissés
    De l'accomplissement

    Injurier!
    L'impunité décernée
    A l'atypique fée
    Qui n'a pas su ravir
    La clé de ce sésame
    Ouvrant sur l'abondance
    D'un kaléidoscope

    Toucher du doigt!
    L'onanisme de la part belle
    Et transfuser le sang
    De la rose des vents

    Enfin
    Enflammer un feu d'artifices!

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    Après avoir imaginé
    Après avoir cherché
    Après avoir trouvé
    Après avoir vaincu
    Après avoir vécu
    La Liberté
    Même passagère :
    Tout concourt à recommencer!

    Après avoir tissé
    Après avoir cousu
    Après avoir rapiécé
    La Vérité :
    Savoir alors la partager!

    Les formes courtes :

    Au zénith de la Liberté
    Un rêve fondu au soleil
    A pris la forme d'un tyran
    Qui n'aurait pas été conçu

    _________________________________________________

    Hier encore inconnus
    Deux cyclopes clonés
    Marchaient sans le savoir
    Sur le fil d'un rasoir
    A contre sens
    Au péril d''un fleuret de bois vert

    _________________________________________________

    Quand les tenailles
    D'une piètre musique
    Viennent torturer
    Le luxe du Silence
    Durillon sur le pas de l'oreille
    Je ne marche pas!

    _________________________________________________

    Tel ce chocolat noir
    Fondant
    Lentement
    Sur la langue
    La Liberté
    Se déguste
    Dans l'ignorance
    Du cholestérol


    _________________________________________________

    Autour de la planète plane
    L'oiseau de proie
    Des charpies de la guerre
    Qui plombe les mémoires
    De cette impossible Liberté
    Bravement recouvrée


    _________________________________________________

    « Ronde des regards »
    En douce
    Douce Liberté
    Fol attrait!